Texte de réflexion en lien avec les sanctions à l’école et à la maison
… Mais la non-violence ne signifie pas la passivité. Lorsqu’il y a eu transgression, il faut qu’il y ait sanction. Celle-ci, pour être éducative, doit remporter l’adhésion du jeune a minima. Il doit en comprendre le sens. Pour cela, cette sanction doit répondre à deux critères.
D’abord , un critère de pertinence. Il faut qu’il existe un lien visible entre le contenu de la sanction et l’effet de la transgression. Si un jeune casse quelque chose, la sanction consistera à lui faire payer la réparation ou mieux , à le faire participer à celle-ci. S’il agresse, c’est la relation qui est abîmée, alors la sanction passera par une démarche d’excuse et de médiation pour participer à la restauration de cette relation. S’il s’agit d’un manque évident de travail, la sanction consistera à une récupération du temps de travail .
Le deuxième critère, c’est la cohérence, basée sur la corrélation entre la gravité de la sanction et celle de la transgression. Il peut en effet arriver que la gravité de la sanction soit davantage liée à l’état de colère de celui qui sanctionne qu’à la gravité objective du fait. Voilà pourquoi, dans ma pratique , je distingue toujours le moment où je rappelle la règle (ce qui peut se faire avec colère), du moment où j’énonce la sanction, et là, j’essaie toujours de le faire avec la plus grande douceur. Il faut que le jeune comprenne que je le sanctionne pour lui permettre de réparer la transgression qu’il a commise – et ainsi de reprendre sa place dans le groupe – et non parce que je suis en colère contre lui...
Pourquoi je suis devenu prêtre et éducateur, Jean-Marie Petitclercq , BAYARD